Tlemcen (d'ou je viens) est une ville d'art et d'histoire, qui a vu passé de nombreux savants et qui était un sultanat durant 3 siècles.
Un extrait d'un livre de Achachi, Le passé prestigieux de la cité de Tlem'cen, fondé par Yaghmorassan.
"Un nombre indéterminé de poètes et de chantres l'ont admirée, honorée, et glorifiée dans leurs vers, perpétuant ainsi l'héritage d'une musique originelle traditionnelle et nostalgique, séculairement enracinée dans ses traditions et moeurs.
Citons uniquement cet historien, parmi tant d'autres.
Ch. Brosselard qui rendit un vibrant hommage aux Ziyanides de Tlemcen de par leur grandeur et leur distinction dont ci joint le témoignage :
"Ils laissèrent une trace brillante de leur passage, se distinguant par leur esprit d'entreprise, leur bravoure chevaleresque dans les combats, une politique habile et tolérante, et par la protection aussi généreuse qu'éclairée qu'ils accordaient au commerce, aux sciences, aux arts et aux lettres.
Quelque chose de considérable nous frappe à leur égard, c'est qu'ils poursuivent avec une invincible opinatreté la réalisation d'un grand dessein qui consistait à organiser un Etat autonome dans des limites géographiques bien définies".
CE meme historien atteste que divers aspects historiques de cette prestigieuse Dynastie reste dans l'oubli, et de citer à propos de cette ancienne Capitale : "La mieux policée et la plus civilisée".
Des évocations similaires de Léon L'Africain, font l'éloge de ses habitants dans ces citations : "C'est une grande royale Cité".
"Les marchands sont pécuniaires, opulents en possession, des hommes justes, ayant de singulier, la recommandation de la loyauté, et de l'honnêteté de leurs affaires et prenant grand plaisir à tenir la Cité garnie".
"Et les artisans, comment les a t il vus? Ils sont fort dispos, et bien dans leur personne, menant une très plaisante vie mieux qu'à se donner le bon temps. Les marchands et citoyens sont honorablement vêtus et le plus souvent mieux en ordre que ceux de Fès, parce qu'à vrai dire, ils sont plus magnifiques et libéraux"."
Histoire de la cité de Tlemcen
C'est dans un site admirable, au milieu d'un écrin de verdure et par plus de 800 m d'altitude, qu'on dresse la ville de tlemcen.
D'abord sa position sur une haute plaine de piémont, au carrefour des grandes routes reliant l'Ouest algérien au Maroc et le tell du Sahara, l'a prédisposée à servir de lieu d'échanges entre des économies complémentaires rurale et citadine, agricole et pastorale
La proximité de la mer a pour effet d'atténuer les influences desséchantes du continent et de donner à la région, un climat tempéré, d'une douceur toute méditerranéenne. Et parce qu'elle reçoit des pluies abondantes, son territoire qui correspond au bassin de la Tafna avec ses nombreux influents et ses sources pérennes est depuis longtemps le château d'eau de l'Oranie.
Or c'est surtout cela Tlemcen ( en berbére "sources poches d'eau), une heureuse conjonction de l'eau, de l'homme et du paysage.
L'animal a gîté par là, avant que l'homme préhistorique n'y ait d'instinct fixé sa demeure. La présence humaine dans la région, et par suite l'histoire remonte donc à la nuit des temps. Il y eut à l'origine Agadir , le grenier-citadelle aujourd'hui simple fauboug
sur le côté est de la vieille cité. Sur son emplacement, Pomaria (les vergers) était à la fin du IIéme siècle sous les antonins et jusqu'au Véme , un poste fortifié tenu par une cavalerie d'éclaireurs romains à l'extrémité occidentale du limes d'Afrique.
Au VII éme siécle l'Islam avec Abou el Mouhadjir pénétra dans Agadir. Peu après s'y établit une petite royauté éphémère, celle du Kharédjite (Schismatique) Abou Qorra. Mais la vrais conversion religieuse de la population berbére ne date que des Idrissides. C'est sous leur règne qu'Agadir, à partir du IX éme siècle s'ouvre à la culture raffinée de l'Andalousie Musulmane.
Une fois leur conquête d'Agadir achevée au XI éme siècle, les Almoravides fondent Tagrart, un peu à l'Ouest. La réunion des deux cités donne naissance à Tlemcen. Quand s'effondre, deux siècles plus tard, l'immense empire almohade, les Hafsides les supplantent à Tunis, les Merinides à Merrakech. A Tlemcen prennent place les Abd-el Wâdides ou Zianides.
Cette dynastie (1236-1555) groupera dans le Maghreb Central, des territoires allant de la Moulouya, au-delà d'Oujda jusqu'au méridien de Béjaia. Elle comptera vingt-sept rois qui auront, avec des fortunes inégales, le souci de la chose publique. Qui protégeront le commerce, seront parfois de grands bâtisseurs avec un sens averti de l'urbanisme . Ils exercent aussi un généreux mécénat en attirant, dans leur capitale, les hommes de science et de piète. Les plus remarquables furent le roi-fondateur Yaghomracen (1236 -1283) et Abou Hammou Moussa II (1353-1389), le roi poète et aussi le restaurateur de la dynastie un moment évincée .
Bien qu'elle ait eu souvent maille à partir avec ses voisins de l'Ouest, notamment par deux fois les meridines la soumettent à un siège en régle (1299-1307 et 1335-1337), Tlemcen n'en continue pas moins de briller par ses universités alors célèbres, et par tant d'hommes de renom .
Mais la dynastie Zianide disparaît au XVI éme siècle et Tlemcen alors est rattachée à la Régence d'Alger. Pour elle commencent les mauvais jours, ainsi qu'en témoigne le chantre populaire Ibn Msaib qui l'exalte , au XVIII éme siècle, dans de sombres élégies .
Pour elle reparaît une lumière fugace quand le traité de la Tafna en 1837 reconnaît Tlemcen parmi les territoires relevant de la souveraineté de l'Emir Abd El Kader .
Aux heures glorieuses de son passé, Tlemcen doit être aujourd'hui le reliquaire de l'art Musulman en Algerie.
A part qu'elle a conservé une population pleine d'urbanité, aux m½urs et traditions exquises et colorées, ses Mosquées seraient, aux dires des spécialistes, parmi les plus belles du monde Musulman.
Depuis l'indépendance, cette ville, devenue un grand chantier, travaille pour que son avenir soit digne de son passé.